jeudi 25 janvier 2007

Mes livres...

c'est vrai que mes livres ne sont pas faciles à trouvermême dans l'usager car ils sont très convoités...Ronald peut en témoigner: les Francoeur ne trainent pas sur les tablettes: chaque fois que j'entre dans une librairie de livres usagers, les libraires me confirment que la demande est très forte et constante!... Faut croire que je conserve ma valeur marchande... on ne solde pas le poète-rock du Faubourg à M'lasse ça l'air... Denis Vanier et Louis Geoffroy aussi sont difficiles à trouver et gardent toute leur valeur. Comme le mentionne Mr. Punchy, il y a Entre cuir et peau, publié récemment et qui contient poèmes et chansons, une sélection très représentative de mes textes. Moi, il ne me reste que quelques exemplaires de chacun de mes anciens titres. Faut dire que j'en avais jeté des dizaines et des dizaines il y a plusieurs années dans une crise de folie autodestructive! Que je regrette aujourd'hui ce geste hystérique... Ce matin j'étais au café du coin, et François Hébert, fondateur de la légendaire revue Les Herbes Rouges (avec son frère Marcel) est venu s'asseoir avec moi et nous nous sommes remémorés l'époque de Minibrixes réactés, publié en même temps que Corps accessoires de mon ami Roger DesRoches aux Éditions du Jour... Nous nous sommes rappelés comment nous étions enthousiastes à cette époque et toute l'importance que pouvait prendre la simple publication d'un petit recueil de poèmes. Aujourd'hui, tout ça se fait sans qu'on s'émerveille, tellement il se publie de livres et de disques etc. Nous étions de l'époque où un livre était un évènement, une fête... Straram, Geoffroy, Vanier, Langevin et tous les autres, nous étions une gang de gypsies, écrivant et délirant de tavernes en tavernes, de brasseries en brasseries, de piaules en piamour libre et généreux, facile, fraternel... C'était la fête continuelle, un véritable cirque de la lune, une foire saturnienne permanente... En fait, il n'y avait pas grand chose, pas de cellulaires, pas d'ordinateurs, pas de faxes, pas de i-pods... donc les relations humaines étaient fondamentales, urgentes, impératives... Hébert et moi ce matin avons aussi fait le décompte ou le compte des disparus: une liste innombrable! Je suis le dernier survivant de la contre-culture, toute ma tribu est disparue: Vanier, Geoffroy, Langevin, Yvon, Baron Filip, Miron, Straram, Godin, Julien, Giguère, Ginsberg, Burroughs, Corso, Boulet, Basile, Rubio, Pépine, Dor, Campo, Maurice Richard(de Charlebois), Kerouac, Brautigan etc etc... The show must go on! Alors François Hébert et moi avons été d'accord pour être heureux d'être encore en vie... et moi après toutes ses dérives et ambardées rocknroll...! Toujours vivant! We want the world and we want it now! C'est grâce aux Frères Hébert et à leur revue Les Herbes Rouges si je suis aujourd'hui l'auteur que je suis, car ce sont eux qui m'ont présenté Miron, un soir au Carré St-Louis, au Restaurant Harris (un Lafleur je crois présentement)... et ce soir là Gaston m'a confirmé qu'il allait me publier. Sauf que les Hébert m'ont dit qu'il était très lent. Moi j'étais pressé. Je suis parti pour Vancouver peur de temps après cette rencontre. J'avais corrigé les épreuves de Minibrixes avant de partir... À [b]Vancouver, ce fut l'Exile on Main Street avec Sister Morphine, Brown Sugar... take a walk on the wild side etc... Personne là-bas ne croyait que j'étais poète publié et encore moins que j'allais enregistrer des disques. C'est en rentrant à Montréal, après ma débarque d'amour avec Susie Q la reine de l'Underground qui dansait comme une gitane déchainée au Chat Noir, que j'ai signé un contrat de 5 ans avec CBS Records (Sonny maintenant). Parti pour la gloire, ti-cul Francoeur au 7e ciel! Crisse que le monde était jaloux. On me traitait de vendu, de traitre: je n'avais pas le droit de réussir! Le premier disque Prends une chance avec moé a été un smash total! Je fais partie de l'Histoire artistique du Québec et un peu de la France... Pas mal pour un bum de Repentigny, Pointes-aux-Trembles, Parc Lafontaine... Hébert et moi on s'est donné rendez-vous pour la semaine prochaine, au même café, on est chacun à deux rues de là et tellement de choses à se remémorer: souvenirs, souvenirs... on achève bien les rockeurs!

francoeur pour Johnny Frisson

samedi 13 janvier 2007

En passant...

En passant, en ce qui a trait aux vinyles tous les groupes actuels en éditent une quantité limitée car il y a une demande, un intérêt... Qui les achète? Les vieux, les collectionneurs? Va savoir... Moi j'ai conservé tous les miens... mais j'ai tout racheté en CD... et j'ai remplacé mes vinyles usés par de nouveaux, mais anciens et originaux avec labels officiels... Dispendieux et laborieux, mais tripant... Ron en sait quelque chose! Ma maison, 3,500 pieds carrés, est remplie de disques, CD, DVD, livres... un véritable entrepôt de culture! Va me falloir acheter le condo au dessus pour pouvoir respirer... Mais Hugo Pratt possédait 60,000 livres, dans plusieurs appartements... et en fin de vie il a tout rapatrié en Suisse dans une très grande maison devant un lac de rêve... Ce génie, que Ronald adore, était obsédé de livres tout comme je le suis...

Moi je tripe sur le passé, le présent et le futur: j'ai encore 3 tables tournantes (platines) et 3 CD players, 3 DVD-players... 3 iPod, 4 portables, un juke-box Seeburg, un pin-ball, une machine à Coke des sixties (à dix cennes), une table de pool, etc. L'ancien et le nouveau; le passé et le futur: entre la nostalgie et la futuromanie... Je rêve d'un immense loft avec étagères du plancher au plafond... immense espace sans cloisons... avec le Harley bien en vue, etc... Mais ma blonde aime Outremont (moi aussi)... Je croise chaque jour Dumas, Meunier, Laurendeau, Piché (toujours un peu mal à l'aise et pressé comme si sa carrière urgeait?), Pagliaro... et tant d'autres, écrivains, cinéastes: tout le répertoire de l' Union des Artistes habite Outremont!

Donc on s'en reparle... J'aime qu'on me fasse découvrir des nouveaux musiciens, chanteurs; films, disques, livres... je suis immergé dans la bédé et le polar... Qu'on hésite pas à me faire partager ses gouts, préférences, habitudes, obsessions, lieux (villes, pays...)

rock désir

vendredi 12 janvier 2007

Productions...

Ne doit pas savoir que Aut'Chose existe encore... avec Francoeur le chanteur original... «beau parleur» d'abord et avant tout et comme l'écrivait Nietzsche: «Le chanteur satisfait le voeu de l'auditeur de comprendre les paroles chantées et pour cela les parle plus qu'il ne les chante, en accentuant dans de demi-chant le pathétique des mots.» J'ai cité cela dans ma rétrospective de chansons «Chants de l' Amérique inavouable»... Ce qui définit parfaitement ma manière de dire les textes en chansons, précédant le rap d'au moins une décennie entière!

Quant à moi, je viens de trouver à l' Échange sur Mont-Royal «Escapo» et «Rip-off» de Paul Pope, deux bédées introuvables de ce génie de la bédé, sorte de Jagger du médium bd d' avant-garde. Influencé par Hugo Pratt (Corto Maltese) idole de Ron (avec Will Eisner). Une nouvelle édition réduite (couleurs) commence à paraitre (6 nos déjà); même chose pour Tintin (6 nos déjà). Je n'ai payé que 20$ pour les deux Paul Pope, en parfaite condition: sur e-bay, ça trouverait preneur à 100$ minimum... Paul Pope a fait, cette année un Batman fucked-up: «Batman Year 100»... miniséries de 4 nos. À paraitre en TP bientôt.

Quant à Aut'Chose, c'est pas pour demain la réédition des albums d'origine... on rêvait d'un coffret y'a pas très longtemps, Ron et moi... dream on baby! On vient de tourner un clip génial, avec participation de Martin Deschamps, Rick Hughes, etc... mais personne ne le joue!

On devrait enregistrer un nouveau Aut'Chose, tounes inédites de Denis d'Amour et Jacques Racine, ainsi que des autres membres du band (Crow, Peak, Evil, Langevin...): sortie prévue pour printemps... On verra...

Je me prépare aussi à enregistrer dans mon studio maison (G4 Digital Performer) un album double de Francoeur (avec Alex Crow et Michel Langevin comme complices de base). Alex vient tout juste de finaliser la fonctionnalité du studio... ça trainait depuis 2 ans! Stock neuf pas plogué cause spleen insondable de mon moi-même mélancolique invétéré!

Et des livres à organiser pour publication... surtout un «album francoeur», style «album Harel»... Puis 2 recueils de poèmes... puis un essai-manifeste sur la radio que j'ai vécus et subis à CKOI-FM, sous le joug d'un directeur des programmes psychopathe à l'os! Bref, ce n’est pas le stock qui manque, mais le temps et la motivation... Me faudrait m'enfuir en Californie dans mes montagnes à Antelope Valley et m'y mettre sérieusement... J'ai aussi un projet de disque poésie-jazz avec Éric Laprade Quintet... ça me buzz au max... Je tripe sur le jazz depuis 2 ans comme pas possible: je me suis procuré 300 CD et LP des meilleurs moments et musiciens: Coltrane, Parker, Mingus, Baker, Davis, Québec, Jacket, Coleman, Webster, Blakey, Gordon, et toutes les chanteuses surtout Lady D, O'Day, Nina... Donc, je tripe poésie et jazz, comme la gang de la Beat Generation: Kerouac, Corso, Snyder, Ginsberg, Burroughs...

Donc, ex-chanteur d'Aut'Chose....

Johnny Frisson
Rock Desire
its only rocknroll...

samedi 6 janvier 2007

Let it bleed & rock on

ce matin j'ai passé deux heures au café du coin
avec mon ami François Hébert
fondateur et directeur des Herbes Rouges
nous avons parlé de début de la modernité
en littérature québécoise
comment tout était important
chaque livre chaque petit recueil
tous ces amis disparus
Denis Vanier et Josée Yvon
Louis Geoffroy et Gilbert Langevin
le Baron Filip et Jean Basile
Patrick Straram le Bison Ravi
les années 60-70
furent tellement étourdissantes
nous inventions tout
réinventions le monde
tout était à faire
les Beatles et les Stones
les Doors et Animals
Kinks Who Dylan etc
Grateful Dead
Jefferson Airplane
puis le monde de l'internet
et tout à portée de la main
au bout des doigts
en quantité industrielle
bref le monde est connu
sous toutes ses coutures
plus rien à inventer
tout a été fait et refait

demain je vais voir mon ami
le poète Fernand Durepos
qui vient de publier un recueil
aux Éditions de l'Hexagone
là où je publiais mon premier recueil
Minibrixes réactés en 71
il travaille à la librairie de soldage
sur Ste-Catherine près Amherst
je vais chercher le gigantesque livre JAZZ
du légendaire photographe du genre
William Claxton
je vais triper dans ce livre
en écoutant Coltrane et Parker
Baker et Mingus et Lester

Bird Trane et Pres
toute la journée
puis relire Kerouac et Ginsberg
et me dire que le temps passe
et qu'on reste seul
les amis disparus
moi dans mon sanctum d’héro
sans faire de jeux de mots
avec mes amis gipsies
dans la nostalgie
la mélancolie
insondable

rock désir
francoeur

vendredi 5 janvier 2007

Quelle triste démonstration de démocratie...

Quelle triste démonstration de démocratie en Iraq: on termine l'année en lynchant l'ex-leader de ce pays, dans la nuit, en cachette... et les bourreaux portant cagoules noires! Encore les visages masqués des Arabes! Ces exécuteurs sordides n'ont même pas le courage de leur acte, qualifié pourtant de libérateur? Comment peut-on croire en cette piètre démonstration de démocratie naissante... De plus, les bourreaux se permirent d'engueuler le condamné... même la sanglante Révolution française guillotinait dans la dignité les condamnés! Saddam avait au moins le courage et la dignité du visage découvert, le regard droit devant lui, la prière aux lèvres... Il a envoyé ses bourreaux masqués en enfer, pendant que ces derniers continuaient à l'invectiver. Lorsqu'un criminel est condamné à mourir, on doit l'exécuter dans la dignité, quels que soient ses crimes. C'est ce qui différencie l'être humain civilisé du barbare assassin. Les bourreaux de Saddam étaient de la race des barbares, ineptes à faire partie de toute démocratie... En fait, Saddam a été grandi dans ce dernier moment de sa vie. On en a fait un héros, un homme de courage... Jamais il n'a bronché, ni cligné des yeux au moment de la pendaison. Les bourreaux, cachés derrière leur cagoule, faisaient odieuse figure! Et les autres despotes, ceux qui génocident le Tibet depuis 50 ans, ceux qui avilissent les droits de l'homme (en Chine, en Russie...), tous ces despotes peuvent dormir tranquilles: n'ayant rien que les USA et Israël désirent, ils peuvent continuer à régner en toute quiétude! L'exécution de Sadam n'aura été qu'un lynchage à la manière américaine, style Ku Klux Klan en Alabama... Bush a eu son règlement de compte! Aurait-il eu le même courage de Sadam dans les mêmes circonstances? Et qu'on me comprenne, je ne défends pas Saddam: je condamne les circonstances odieuses de son exécution et la lâcheté de ses bourreaux!