jeudi 8 novembre 2007

Dieu que je me sens à l'étroit...

Simone Signoret déclarait, en titre de mémoire personnel, que «la nostalgie n'est plus ce qu'elle était»... et je lui en voulais à mort! Comment pouvait-on dénigrer à ce point l'importance de la nostalgie, le pouvoir lénifiant de cet état de l'être en proie à ses réminiscences? Mais aujourd'hui, en paraphrasant Rimbaud je peux dire que «je sais saluer la vérité»! Car j'ai de moins en moins le courage de marauder ne nostalgia... je souffre de mélancolie chronique, irréductible! Plus de tables pour moi au Melancholia Pub... je suffoque entre deux eaux opaques, je dérive en haute met d'angoisse...

Dieu que je me sens à l'étroit dans mon idiosyncrasie! Et ce vers de Rutebeuf me revient, lancinant: «que sont mes amis devenus?» Ils ont disparu... emportés par le tumulte de la démesure. Où est passé le temps des «copains d'abord»: «you can't go home no more»! Point de non-retour existentiel... Beautiful loosers de la vie immédiate, irrémissible! Ombres sournoises à la périphérie des cités insalubres. On reste seul avec sa dériliction: double solitude de l'être en soi. Et comme Eric Burdon, je peux chanter: «all that good time that was wasted having good time...» Et puis j'entends cette chanson du tréfonds de mon adolescence: «when I was young...»

Pourquoi sont-ils tous morts avant moi: Jim Morrison, Janis Joplin, Jimi Hendrix, Brian Jones, Sid Vicious, John Lennon, George Harrison, William Burroughs, Jack Kerouac, Allan Ginsberg, Gregory Corso, Richard Brautigan, Gilbert Langevin, Gaston Miron, Denis Vanier, Josée Yvon, Beaulieu, Patrick Straram, Louis Geoffroy, Roland Giguère, Louise Blouin, Gatien Lapointe, Pauline Julien, Gérald Godin, Gaston Mandeville, Gerry Boulet, Dédé Fortin, T-Rex, Jerry Garcia, Georges Thurston, Tony Roman et tous les autres, la liste est interminable...crisse de vie minable: mais au moins au ciel la gang m'attend...ou en enfer...ça donne le vertige hein une liste comme ça...tous de ma génération ou presque! Et on me rétorque que j'ai le vin triste, l'esprit pessimiste...crisse je suis réaliste, un point c'est tout!

Et Dieu dans tout ça, qu'a-t-il pour réponse? Et son fils Jésus qui crie, lui, quelle explication nous donne-t-il? Rien, nada...nil! Out! Delete! Fuck u Jésus, fils de l'odieux père! Réaliste Francoeur! Et rien d'autre... j'aime me défouler comme ça et faire freaker les chrétiens crétins, les croyants morons, les enfants de garce (Marie!) et toute la panoplie de faux prophètes, de prédicateurs de malheur, de ministres de la douleur maso! Moi je suis bouddhiste, comme tous les intellos intelligents, allumés...mais nietzschéens au cube, rimbaldien ad infinitum... nam myoho rengué kyo! Et le diable emporte le reste: «sympathy for the devil»... «let it bleed»!

Lucien